Oxymores

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Oxymores

Rhétoriques des Arts IX

Définis comme la juxtaposition des contraires ou l’ajointement des contradictoires, les oxymores sont omniprésents dans les arts bien au-delà de la coincidentia oppositorum ou de la concordia discors. Les arristes manipulent de la contradiction au plus près de leur matériau-même, comme lorsque le Bernin, par exemple, transforme un bloc de marbre en un flot mouvant d’étoffes ou lorsque Picasso ou Braque, invenant le collage, déréalisent ou sur-réalisent tel morceau de papier peint ou de journal réel en le collant sur le plan fictif d’une toile. Par contre, l’on peut dire que le réel, lui, ne connaît pas d’oxymores: il n’y a pas de “lumière brune,” ni de “vert rougeâtre, ni de “soleil noir.” Mais alors, l’œuvre d’art ne serait-elle rien de “réel,” et les poètes seraient-ils de fieffés menteurs ? L’“obscure clarté,” pourtant, ne veut pas non plus “rien dire,” et le résultat de l’association paradoxale qu’est l’oxymore n’est pas le néant, mais bel et bien quelque chose que l’on sent, que l’on éprouve et, à la limite, que l’on voit, autrement dit, l’objet d’une expérience esthétique.

Bref, si nous avons la possibilité de juxtaposer, d’ajointer, d’empiler les mots, aussi bien que des images ou des matériaux, est-ce que cette opération oxymorique invalide l’énoncé qu’elle produit au regard de ce que serait le réel, ou bien au contraire dessine-t-elle un lieu  spécifique qui pourrait bien être le lieu même de l’œuvre d’art ?

Les disciplines et les hypothèses ici réunies, s’attachant à étudier ce lien particulier et fort entre l’opération oxymorique, la production artistique et l’expérience esthétique, ont permis d’identifier trois possibilités de définition pertinente de l’oxymore, trois manières positives de penser la relation entre deux opposés, de nouer les contraires en un lien (et en un lieu) signifiant, plutôt que de les rejeter dans la zone des non-sens. Ces  trois approches des oxymores justifient l’organisation du présent volume en trois parties. La première envisage l’oxymore comme trope de l’impossible ou de l’irreprésentable, constat d’échec de la relation engendrant la dynamique du sublime. La deuxième décrit l’oxymore comme une double énonciation, la relation devenant signifiante par distinction des niveaux et restituant au réel sa véritable consistance polyphonique. La troisième envisage la mise en relation oxymorique sous la figure de la contiguïté, de l’enchevêtrement et de l’empiètement, non pas comme juxtaposition du “côte à côte,” mais comme relevant plutôt d’un “l’un (tout) contre l’autre,” au seuil sur-signifiant et esthétique de la dissolution des identités : ce seuil dont les artistes ne cessent d’explorer les miroitements et les incertitudes.

Dans un perspective interdisciplinaire, ces hypothèses sont ici explorées et développées à partir d’analyses d’œuvres picturales, littéraires, cinématographiques et musicales, elles-mêmes inspirées par l’esthétique, l’histoire de l’art, la philosophie, la critique littéraire et cinématographique, la sémiotique, la stylistique, la rhétorique.

Textes de Bruno-Nassim Aboudrar, Jean Arrouye, Jean-Pierre Cometti, Michel Costantini, Jacques Dürrenmatt, Catherine Kintzler, Bernard Lafargue, Jean-Gérard Lapacherie, Jean-Louis Leutrat, Suzanne Liandrat-Guigues, Michel Magnien, Bertrand Rougé, Isabelle Thomas-Fogiel, Laura Weigert.


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