L'Inversion

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L'Inversion

Rhétoriques des Arts XVIII

Qu’est-ce qui se joue de fondamental dans le simple geste d’inverser ? Qu’est-ce qui relie inversion et creation ? En quoi l’inversion peut-elle être considérée comme un des gestes premiers de l’art ou de la production de sens, comme un processus élémentaire et fondamental de la pensée créatrice ?

Autant que le résultat, c’est le processus de l’inversion — comme modus operandi — qui interpelle. On le rencontre dans toute forme de création artistique ou intellectuelle. Ainsi, l’inversion positif/négatif ou gauche/droite caractérise de nombreuses des démarches et techniques artistiques — images gravées et imprimées, empreintes, reflets, moulages, photographie — au point d’être quasiment indissociable de la notion même d’image ou de représentation. Historiquement, l’inversion — ou le renversement — vaut souvent nouveauté et devient un opérateur de modernité, autant que de création : le tableau renversé de Kandinsky “invente” l’abstraction, l’urinoir devient Fountain. Si l’inversion semble au principe de l’image ou de la représentation, c’est qu’elle préside aussi à l’instauration du regardeur, de l’auditeur, du lecteur, plus généralement de l’attention esthétique.

C’est que, comme le “travail du rêve,” le procédé de l’inversion, dans sa simplicité apparente — et sous les formes diverses du renversement, de la permutation et du déplacement — a la propriété de perturber le régime du sens, de renverser les perspectives aussi bien que les certitudes. Moyen de la subversion, productif et fécond, le “travail de l’inversion” semble au fondement du pouvoir critique et de la ruse. Œuvrant en profondeur, il est facteur de singularité, et à ce titre, il peut être considéré comme une “condition d’art,” au sens où il n’en détermine pas uniquement le mode opératoire, mais aussi la différence de statut—et en particulier la dimension proprement esthétique. Comme le suggère Jean-Pierre Cometti dans sa présentation, “L’irréductible différence que l’art présuppose n’a-t-elle pas sa condition dans une inversion dont le plaisir esthétique nous dit la nature et qui opère au cœur de la représentation ?”

Analysant dans le détail de nombreuses œuvres (Arcimboldo, Klee, Bresson, Piero della Francesca, Serra…) ou posant des problèmes plus généralement rhétoriques, logiques, esthétiques ou philosophiques, les communications ici réunies constituent une riche introduction à la diversité de ces problématiques. Elles touchent aussi bien à la peinture, à la sculpture, au cinéma, à l’art contemporain, qu’à l’esthétique, à la rhétorique, à la philosophie ou à la littérature.

Textes de Bruno Nassim Aboudrar, Gilles Cabanes, Dominique Chateau, Jean-Pierre Cometti, Filippo Fimiani, Pierre-Henry Frangne, François Jeune, Jean Lancri, Jean-Gérard Lapacherie, Suzanne Liandrat-Guigues, Marie-Dominique Popelard, Bertrand Prévost, Bertrand Rougé, Ronald Shusterman, Tania Vladova.


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